1ME veut financer les start-up de demain





Ce nouveau fonds d’investissement compte aider les « jeunes pousses » de l’Internet à démarrer leur activité. La société Click2CallVision est la première à rejoindre son giron.

Alain Mbange a encore faim de projets. Fin 2008, ce « serial entrepreneur » liégeois revendait son agence interactive Barnes & Richardson aux Français d’Emailvision. « J’ai alors décidé de prendre un peu de recul et de réfléchir à de nouveaux modèles d’investissement dans des entreprises innovantes », explique-t-il. « Une connaissance a attiré mon attention sur la démarche de Y Combinator aux Etats-Unis. »

Fondée par un vétéran de l’Internet, cette dernière est spécialisée dans le financement de start-up durant leur phase de gestation, lorsque l’idée des fondateurs ne s’est pas encore transformée en entreprise, ce qui constitue une alternative intéressante aux organismes de crédit traditionnels d´aide à l´entreprise ou même le crédit personnel. Alors que d’autres fonds d’investissement se concentrent uniquement sur des start-up qui réclament une dose massive de cash pour se développer, Y-Combinator alloue des montants plus réduits à un nombre assez élevé de porteurs de projets, quitte à enregistrer un taux de mortalité proportionnel au sein de cette pépinière de talents en devenir. Ces participations minoritaires au capital s’accompagnent de services additionnels (coaching, carnet d’adresses, trucs et astuces…) fournis aux apprentis entrepreneurs, lesquels pourront lever par la suite de l’argent auprès de plus gros acteurs lorsque leur activité sera lancée.

Avec 1ME, Alain Mbange veut appliquer la même démarche aux start-up belges. « Nous échelle est bien entendu beaucoup plus modeste et nous prendrons entre dix et quinze dossiers par an », précise notre interlocuteur. « Nous apportons aux associés actifs des fonds, mais aussi nos réseaux et notre expérience pour les aider à gagner du temps. »

Première opération réalisée par 1ME : l’acquisition de 35% de la société Click2CallVision. Sa technologie est le « click2call », un système qui permet à l’internaute de dialoguer instantanément, par voix ou par texte, avec un opérateur (humain) lorsqu’il visite un site web. « Le click2call a déjà fait ses preuves dans le commerce électronique », souligne Alain Mbange. « Cela permet de rassurer l’internaute qui hésite à acheter. Le service de Click2CallVision a la particularité d’être entièrement paramétrable sur Internet, sans installation technique fastidieuse. On peut donc aisément le déployer à grande échelle. »

Pour assurer son développement, Click2CallVision peut déjà s’appuyer sur un partenariat avec Rossel Advertising, la régie publicitaire du groupe Rossel (éditeur du quotidien Le Soir). Objectif : mettre plus d’interactivité dans les campagnes publicitaires que les annonceurs peuvent acheter sur les différents sites (LeSoir.be, SudPresse.be…) en portefeuille. Il se raconte aussi que, confronté à l’érosion des recettes publicitaires, Rossel nourrirait certaines ambitions dans le commerce électronique… d’où un intérêt supplémentaire pour la technologie click2call.

Paru dans La Libre du 17 mars 2010.

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