VW EscapeTV ferait-il des émules dans la sphère politique? Le MR et le CDH préparent chacun leur chaîne de télévision sur Internet. Je ne sais pas s’il faut rire ou s’effrayer du clip de lancement qu’on peut voir sur MRTV. Ce n’est pas tellement le côté partisan qui me dérange (il y a de toute façon fort à parier que les militants les plus acharnés formeront le gros de l’audience) mais davantage le contenu annoncé. Les présentateurs parlent en effet de “journalisme citoyen” à propos des contributions que les internautes lambda pourront soumettre à la chaîne. Je ne voudrais pas juger expéditivement sans avoir vu le résultat mais il y a tout de même lieu de craindre que lesdits journalistes-citoyens se révéleront des militants libéraux qui auront troqué leurs tracts contre le caméscope familial (cf. Loïc Lemeur et son copain Nicolas Sarkozy). En tout cas, l’usage de l’expression “journaliste citoyen” dans ce contexte trahit la confusion entre information et communication qui règne dans certains esprits.
Au fait, parallèlement à ces réalisations “citoyennes”, qui réalisera le restant du contenu de MRTV? Réponse de Laurent Burton, responsable de la communication au MR, dans Le Soir de mardi dernier: “Ceux qui s’en occuperont, ce seront de jeunes diplômés en journalisme, en sciences politiques. Ils feront de l’information (sic). Mais chacun sait dans quelle pièce il joue.” Je l’espère pour eux…
Samedi prochain durant la Foire du Livre entre 17 et 18h, je serai le modérateur d’un débat sur le thème: “Edition électronique: le deuxième choc - Libre et/ou payant, quel(s) modèle(s) d’accès aux contenus culturels ?” Tout un programme que j’évoquerai en compagnie de Christian De Boeck (éditions De Boeck), Florent Latrive (journaliste au quotidien français Libération), Mathieu Pasquini (In Libro Veritas) et Frédéric Young (SACD). Plus d’info sur le site officiel de cette manifestation.
Je suis invité ce soir à une expérience de “live blogging” durant le Net Café de l’IAB. Thème de ce soir: “One million bloggers in Belgium. What can they do for you?” Le résultat est accessible sur le nouveau blog du workgroup Efficiency de l’IAB. Les autres blogueurs sont:
* Tom De Bruyne (http://i-wisdom.typepad.com/)
* Miel Van Opstal (http://blog.coolz0r.com/)
* Bert Van Wassenhove (http://www.ibert.be/)
* Stijn Vercamer (http://standaard.typepad.com/dso/)
* Robin Wauters (http://www.marketingblog.eu)
Il est 19h22, la présentation commence dans quelques minutes. Let’s rock’n'roll!
Je perds ici un instant toute objectivité (puisque je m’occupe d’une partie de la communication externe de ContactOffice) mais je voulais quand même vous le signaler: la suite collaborative (belge) ContactOffice (qui compte maintenant quelque 350.000 utilisateurs) vient de sortir une nouvelle bêta entièrement basée sur la méthode Ajax et le Google Web Toolkit. Et je trouve le résultat vraiment impressionnnant. Drag’n'drop, redimensionnement des fenêtres ou recherche de documents: la frontière entre desktop et bureau virtuel s’estompe. Testez par vous-même en demandant un compte gratuit.
Twitter est un curieux service Web 2.0 qui permet d’indiquer ce que vous faites à n’importe quel instant. Votre activité en cours s’affichera sous la forme d’un badge que vous pourrez afficher sur votre blog via un morceau de code HTML à copier-coller (le même badge est également disponible au format RSS). De leur côté, les mises à jour s’effectuent via le web, mais aussi par la messagerie instantanée (il semble malheureusement que Messenger Live ne soit pas autorisé) ou le téléphone portable. Big Twitter is watching you… (cross posté sur PC World.be).
Note d’intention: cette tribune sur l’affaire “Google vs. Copiepresse” est parue dans le quotidien La Libre Belgique daté de ce samedi 17 février. L’idée de ce billet n’est nullement de condamner l’une ou l’autre partie au procès mais davantage de montrer que cette querelle économique se double d’une question culturelle plus large qu’on ne peut ignorer. Comme nombre de personnes, je suis persuadé que les éditeurs francophones font un mauvais calcul en s’aliénant les services de Google. Mais je comprends également que le dessein presque messianique de ce moteur de recherche, produit d’une certaine vision de notre monde, puisse heurter et effrayer certains.
Au-delà des enjeux économiques (qui renvoient à la légitimité et à l’utilité de l’action des plaignants), l’arrêt « Google vs. Copiepresse » trahit aussi un malaise culturel qui ne cesse de grandir entre les deux rives de l’Atlantique.
Dans son ouvrage « L’autre mondialisation », le sociologue français Dominique Wolton souligne que, loin de combler les distances entre les peuples, les nouveaux réseaux de communication peuvent être des facteurs de tensions nouvelles: dans un monde où tout se sait à la vitesse de la lumière, nos convictions doivent désormais affronter quotidiennement celles de l’Autre dans toutes ses différences culturelles, politiques et sociales. Si on souhaite éviter le fameux choc des civilisations prophétisé par Samuel Huntington, un projet de “cohabitation culturelle” est plus que jamais indispensable à l’échelle planétaire, nous dit Wolton.
Quelle que soit son issue (Google ayant décidé de se pourvoir en appel), cette affaire montre la pertinence de cette analyse. Sous couvert de la performance de ses algorithmes de classement (performance du reste assez perfectible quand on l’examine de près), de son audience massive et de sa puissance économique presque illimitée, Google a cru pouvoir s’approprier le contenu produit par les journaux francophones belges sans demander leur autorisation. Mais notre culture européenne n’est pas disposée à sacrifier aussi brutalement la notion de droit d’auteur sur l’autel d’un progrès technologique qui n’aurait d’autre finalité que lui-même. Google fait ici l’amère expérience que son idéologie techniciste, typique de la Silicon Valley californienne qui l’a vu naître, ne peut s’appliquer à l’ensemble de la planète sans parfois provoquer un sentiment de dépossession, voire d’agression culturelle dans le chef des individus. Résultat : un nombre grandissant d’observateurs commencent à percevoir, à tort ou à raison, ce moteur de recherche comme une icône supplémentaire de la mondialisation qui uniformise les goûts, les couleurs et les idées. On pense à Copiepresse, mais aussi au projet de bibliothèque numérique européenne porté par Jean-Noël Jeanneney, président la Blibliothèque Nationale de France.
Plus profondément, ce différend judiciaire est symptomatique du fossé d’incompréhension qui sépare les médias traditionnels des nouveaux, de leurs difficultés à trouver ensemble un terrain d’entente qui assurera une transition sereine vers un monde où, sous la pression de la numérisation des contenus, les règles du jeu doivent être réinventées. Un beau défi pour les années à venir.
Sur son site, l’Association des Journalistes belges de la Presse Périodique fustige MSN Reporter, le clone de Digg que Microsoft a récemment lancé sur son portail MSN. L’auteur du texte, Luc Smeesters (journaliste que je salue au passage et dont j’apprécie par ailleurs le côté “poil à gratter”), s’interroge:
Est-ce parce qu’une certaine presse américaine ne s’encombre pas de telles considérations que nous devons accepter, sans coup férir, de laisser dégrader notre manière de travailler et d’accepter le développement de l’INFOGLUT de l’Internet ?
Devons nous - journalistes qui faisons des efforts pour livrer une information la plus correcte possible, traitée avec honnêteté - accepter qu’un opérateur, si célèbre soit-il – soit le promoteur d’une forme de communication sans scrupules, sans foi ni loi ?
Je comprends la position de Luc mais, à bien y réfléchir, je crois que les digg-like représentent davantage un allié qu’une menace pour les journalistes attachés à leur déontologie. Prenons par exemple Scoopeo, qui me semble l’avatar francophone de Digg le plus abouti aujourd’hui. A force de le lire quotidiennement (et d’y poster régulièrement l’un ou l’autre billet de mon cru…), je me suis aperçu que, grosso modo, on y trouve trois grands types d’informations:
- Des “trucs de geek” (exemple au hasard: “Le Top 10 des plus grosses bases de données du monde”) que couvrent peu les médias grand public (même la presse spécialisée, à bien y regarder).
- Des faits divers bizarres, insolites, aussi amusants qu’anecdotiques (exemple au hasard: “Incroyable : Etre mère à l’âge de 5 ans”)
- De l’information fraîche sur l’actualité économique, politique, sociale, culturelle…
Or, la matière de cette dernière catégorie est généralement puisée par les internautes chez des médias “classiques”, qu’il s’agisse de sites de journaux, magazines, télévisions ou de dépêches d’agences. Tout profit pour ces derniers qui peuvent attirer, par l’intermédiaire de Scoopeo et de ses concurrents, un surplus de trafic toujours bienvenu. Oui, Luc, le principe des digg-like est effectivement assez contestable (voire consternant) du point de vue de la déontologie journalistique et ouvre la porte à toutes les manipulations et rumeurs sans fondement. Mais les grands producteurs d’information traditionnels peuvent, à mon humble avis, en retirer un certain bénéfice, justement grâce à l’éthique, la rigueur et le recul qui distinguen leur contenu. C’est-à-dire les ingrédients de base qui séparent le professionnel de l’amateur. Allez, je m’en vais mettre ce post sur Scoopeo, MSN Reporter et leurs petits frères ;-)…
Dans le dernier numéro du magazine IT Professional, Olivia Arend m’interviewe sur le “corporate blogging” et sur la façon dont nous le gérons chez Emakina. Les autres personnes interviewées sont Philippe Borremans (IBM) et Allison Watterson (HP). Téléchargez l’article ici et donnez-moi votre avis dans les commentaires.
J’ai participé ce matin à un Breakfast sur le thème “RSS & Marketing”. Découvrez ci-dessous le podcast des présentations du jour. Par ordre d’apparition: Laure-Emmanuelle Nonnenmacher (Proximus), moi-même, Clo Willaerts (Belgacom Skynet), Jeremy Collin (AdLink) et Hilde Boeykens (SOS Kinderdorpen). Le premier podcast dans l’histoire de l’IAB Belgique ;-).
Téléchargez ici le pdf de ma présentation. Je suppose que celles de mes collègues seront bientôt disponibles sur le site de l’IAB Belgique.
Comme son nom l’indique, Best Of YouTube vous propose une sélection quotidienne de pépites découvertes sur cette plate-forme d’échange de vidéos. Un blog qui se double d’un podcast vidéo que vous pouvez récupérer directement sur votre iPod via iTunes. De longues heures de plaisir en perspective dans les embouteillages en allant au boulot le matin (cross-posté sur PC World.be).