Google nous rend-il stupides ?
Question posée avec une pointe de provocation par Nicholas Carr, observateur attentif des nouvelles technologies, dans une récente livraison de la revue américaine The Atlantic. Les nouveaux outils comme Google et Wikipedia, explique l’auteur, nous donnent un accès instantané à un océan d’informations mais nous désapprennent aussi à lire et à nous concentrer sur un document durant une longue période. L’Internet nous détournerait de la lecture « en profondeur » et nous inviterait davantage à un zapping permanent qui caresse les choses uniquement à leur surface.
Les esprits les plus technophiles vont sûrement hurler à l’hérésie devant pareil propos. De ma propre expérience, on ne peut cependant donner entièrement tort à Nicholas Carr. Depuis plusieurs années, je constate cet étrange paradoxe avec les étudiants que je côtoie en tant qu’assistant à l’Université Libre de Bruxelles : jamais les jeunes n’ont disposé de si vastes ressources documentaires et jamais ils n’ont éprouvé autant de difficultés à trouver de l’information. Parmi les phrases-clichés qui reviennent quasiment chaque année : « Je n’ai rien trouvé avec Google, donc cela n’existe pas » ; « Wikipedia est une encyclopédie auto-régulée, pas besoin de recouper ses informations » ; « deux mots-clés pour une recherche, cela suffit largement… ». Sans parler du fléau du copier-coller sauvage que mes collègues s’efforcent de traquer inlassablement dans les mémoires de fin d’étude…
Et ces raccourcis intellectuels ne sont pas l’apanage d’une minorité. Réalisée à une grande échelle en Belgique, l’enquête Edudoc a récemment décelé de graves lacunes en recherche documentaire chez les étudiants qui arrivent dans l’enseignement supérieur : mauvais usage des mots-clés, citation erratique des sources, méconnaissance des instruments documentaires hors Internet…
Alors, que faire ? Faut-il proscrire l’usage de Google et de Wikipedia au sein des établissement scolaires ? Idée aussi absurde que vaine. Comme moi, vous utilisez probablement ces outils chaque jour pour trouver rapidement les informations dont vous avez besoin. En revanche, il y a urgence à développer, dès l’école primaire, la recherche documentaire dans les programmes scolaires pour aiguiser l’esprit critique des jeunes face au torrent d’informations que charrie l’Internet. Quand on voit la numérisation croissante de notre identité et de notre vie quotidienne, il y a là un véritable enjeu de citoyenneté pour les années à venir.
Cher Jacques,
Cher collègue ;),
En visiteur assidu de ton blog, j’ai lu avec intérêt ton post consacré aux récentes campagnes de Thalys et Brussels Airlines dans Second Life. Je te confie ici quelques observations sur une question qui agite les professionnels du marketing interactif : pourquoi faire des campagnes dans Second Life ?
Première remarque : il est ardu de trouver des chiffres exacts sur la fréquentation réelle de Second Life : nombre de téléchargements, d’utilisateurs, d’utilisateurs récurrents… Sur ce sujet, une rapide recherche sur Google nous donne quelque… 1.840.000 résultats, signe que le débat est loin d’être tranché. Sans craindre le ridicule, on peut avancer que Second Life compte entre 500.000 et un million d’habitants actifs, c’est-à-dire qui se connectent au moins une fois par mois. En Belgique, il y aurait entre 6.000 et 8.000 profils qui correspondraient à ce critère.
Convenons-en, cette audience est assez réduite (ce qui ne signifie pas pour autant qu’elle ne présente aucun intérêt marketing). Mais, à vrai dire, est-il vraiment important de savoir avec précision la population de Second Life ? Prenons un peu de hauteur et regardons le phénomène à plus large échelle. Toutes les études convergent pour montrer qu’un nombre croissant d’internautes évoluent dans des mondes virtuels, qu’il s’agisse de Second Life, de World of Warcraft ou, plus près de nous, de Taatu.
Que Second Life bénéficie d’un effet de mode, c’est fort possible. Dans quelques années, nous serons probablement tous passés à une autre plate-forme qui proposera un meilleur moteur 3D, un éventail plus large d’interactions, un accès à travers le navigateur… et qui elle-même sera un jour supplantée par un autre univers persistant. Si on admet cette évolution technologique et sociale permanente, déjà à l’œuvre depuis de nombreuses années, Second Life apparaît alors comme le terrain de jeu idéal pour tester de nouvelles formes de marketing, de nouvelles interactions avec les consommateurs dans un cadre qui n’est plus entièrement expérimental. Dans cette perspective, Second Life est un “laboratoire pour les marques” comme l’écrivait Isabelle Dresse dans Le Soir voici quelques semaines.
Deuxième remarque : si on revient à la campagne de Brussels Airlines (je ne peux m’exprimer sur celle de Thalys), l’ambition était internationale dès le départ et ne se limitait pas au seul marché belge. En outre, le HUD est disponible soit auprès de bornes interactives, soit auprès d’autres avatars que tu possèdes déjà. Enfin, j’avoue que j’ai du mal à comprendre ta phrase « il est vrai qu’aujourd’hui, lors de mes visites chez Brussels Airlines (Second Life) (…), j’étais seul : cela fait bizarre à cette heure dans une gare ! ». Le site b-places montre des photos d’avatars mais ne comptabilise nullement ceux qui utilisent le HUD de Brussels Airlines.
Voilà, je serais curieux d’avoir ton sentiment approfondi sur Second Life et, plus largement, sur les univers virtuels comme support publicitaire.
PS : puis-je t’inviter à déjeuner “in real life” un de ces jours ?
Le 19 avril dernier à Solutions Business, j’ai assisté à la présentation du réseau social professionnel Viadeo par un de ses fondateurs. Le concept me semble intéressant, les méthodes de recutement un peu moins. Il y a quelques jours, j’ai reçu cet e-mail de Valérie Abehsera, directrice générale.
IVAN DE DUVE, bonjour !
Je vous invite à découvrir Viadeo, site Internet de mise en relation professionnelle.
Plus bas:
Vous recevez ce message suite à votre participation au programme Miss Cocktail.
1) Je ne suis pas et ne connais pas Ivan De Duve.
2) Je ne doute pas de l’intérêt du programme Miss Cocktail mais je ne suis malhereusement pas membre.
Note d’intention: cette tribune sur l’affaire “Google vs. Copiepresse” est parue dans le quotidien La Libre Belgique daté de ce samedi 17 février. L’idée de ce billet n’est nullement de condamner l’une ou l’autre partie au procès mais davantage de montrer que cette querelle économique se double d’une question culturelle plus large qu’on ne peut ignorer. Comme nombre de personnes, je suis persuadé que les éditeurs francophones font un mauvais calcul en s’aliénant les services de Google. Mais je comprends également que le dessein presque messianique de ce moteur de recherche, produit d’une certaine vision de notre monde, puisse heurter et effrayer certains.
Au-delà des enjeux économiques (qui renvoient à la légitimité et à l’utilité de l’action des plaignants), l’arrêt « Google vs. Copiepresse » trahit aussi un malaise culturel qui ne cesse de grandir entre les deux rives de l’Atlantique.
Dans son ouvrage « L’autre mondialisation », le sociologue français Dominique Wolton souligne que, loin de combler les distances entre les peuples, les nouveaux réseaux de communication peuvent être des facteurs de tensions nouvelles: dans un monde où tout se sait à la vitesse de la lumière, nos convictions doivent désormais affronter quotidiennement celles de l’Autre dans toutes ses différences culturelles, politiques et sociales. Si on souhaite éviter le fameux choc des civilisations prophétisé par Samuel Huntington, un projet de “cohabitation culturelle” est plus que jamais indispensable à l’échelle planétaire, nous dit Wolton.
Quelle que soit son issue (Google ayant décidé de se pourvoir en appel), cette affaire montre la pertinence de cette analyse. Sous couvert de la performance de ses algorithmes de classement (performance du reste assez perfectible quand on l’examine de près), de son audience massive et de sa puissance économique presque illimitée, Google a cru pouvoir s’approprier le contenu produit par les journaux francophones belges sans demander leur autorisation. Mais notre culture européenne n’est pas disposée à sacrifier aussi brutalement la notion de droit d’auteur sur l’autel d’un progrès technologique qui n’aurait d’autre finalité que lui-même. Google fait ici l’amère expérience que son idéologie techniciste, typique de la Silicon Valley californienne qui l’a vu naître, ne peut s’appliquer à l’ensemble de la planète sans parfois provoquer un sentiment de dépossession, voire d’agression culturelle dans le chef des individus. Résultat : un nombre grandissant d’observateurs commencent à percevoir, à tort ou à raison, ce moteur de recherche comme une icône supplémentaire de la mondialisation qui uniformise les goûts, les couleurs et les idées. On pense à Copiepresse, mais aussi au projet de bibliothèque numérique européenne porté par Jean-Noël Jeanneney, président la Blibliothèque Nationale de France.
Plus profondément, ce différend judiciaire est symptomatique du fossé d’incompréhension qui sépare les médias traditionnels des nouveaux, de leurs difficultés à trouver ensemble un terrain d’entente qui assurera une transition sereine vers un monde où, sous la pression de la numérisation des contenus, les règles du jeu doivent être réinventées. Un beau défi pour les années à venir.
Sur son site, l’Association des Journalistes belges de la Presse Périodique fustige MSN Reporter, le clone de Digg que Microsoft a récemment lancé sur son portail MSN. L’auteur du texte, Luc Smeesters (journaliste que je salue au passage et dont j’apprécie par ailleurs le côté “poil à gratter”), s’interroge:
Est-ce parce qu’une certaine presse américaine ne s’encombre pas de telles considérations que nous devons accepter, sans coup férir, de laisser dégrader notre manière de travailler et d’accepter le développement de l’INFOGLUT de l’Internet ?
Devons nous - journalistes qui faisons des efforts pour livrer une information la plus correcte possible, traitée avec honnêteté - accepter qu’un opérateur, si célèbre soit-il – soit le promoteur d’une forme de communication sans scrupules, sans foi ni loi ?
Je comprends la position de Luc mais, à bien y réfléchir, je crois que les digg-like représentent davantage un allié qu’une menace pour les journalistes attachés à leur déontologie. Prenons par exemple Scoopeo, qui me semble l’avatar francophone de Digg le plus abouti aujourd’hui. A force de le lire quotidiennement (et d’y poster régulièrement l’un ou l’autre billet de mon cru…), je me suis aperçu que, grosso modo, on y trouve trois grands types d’informations:
- Des “trucs de geek” (exemple au hasard: “Le Top 10 des plus grosses bases de données du monde”) que couvrent peu les médias grand public (même la presse spécialisée, à bien y regarder).
- Des faits divers bizarres, insolites, aussi amusants qu’anecdotiques (exemple au hasard: “Incroyable : Etre mère à l’âge de 5 ans”)
- De l’information fraîche sur l’actualité économique, politique, sociale, culturelle…
Or, la matière de cette dernière catégorie est généralement puisée par les internautes chez des médias “classiques”, qu’il s’agisse de sites de journaux, magazines, télévisions ou de dépêches d’agences. Tout profit pour ces derniers qui peuvent attirer, par l’intermédiaire de Scoopeo et de ses concurrents, un surplus de trafic toujours bienvenu. Oui, Luc, le principe des digg-like est effectivement assez contestable (voire consternant) du point de vue de la déontologie journalistique et ouvre la porte à toutes les manipulations et rumeurs sans fondement. Mais les grands producteurs d’information traditionnels peuvent, à mon humble avis, en retirer un certain bénéfice, justement grâce à l’éthique, la rigueur et le recul qui distinguen leur contenu. C’est-à-dire les ingrédients de base qui séparent le professionnel de l’amateur. Allez, je m’en vais mettre ce post sur Scoopeo, MSN Reporter et leurs petits frères ;-)…
Ce mardi, Microsoft Belgique présentait officiellement Windows Vista devant une assistance composée de journalistes et blogueurs. Objectif: provoquer un “wow” d’émerveillement dans l’assemblée.
Gestion des fichiers audio et vidéo, exportation simplifiée d’un document Word vers un blog, apparition des liens RSS, outil de recherche plus intégré au sytème d’exploitation (MS sent le souffle de Google Desktop…) : à vrai dire, aucune des nouvelles fonctionnalités dévoilées ne m’a personnellement inspiré l’ébahissement escompté. Pour être tout à fait honnête, je n’ai pas encore testé la bête mais, au premier abord, aucune de ces nouveautés ne suscite chez moi l’excitation et la curiosité comme ont pu le faire Windows 95 ou chaque nouvelle livraison de Mac OS X. Il était d’ailleurs amusant de constater que les orateurs du jour chez Microsoft Belgique et EMEA ne semblaient pas convaincus eux-mêmes du potentiel de Windows Vista et se contentaient sagement de répéter le message convenu en haut lieu à Redmond. La seule personne véritablement enthousiaste que j’ai croisée est l’excellent Bert van Wassenhove. Son nouvel employeur, One Agency, organisait hier soir un concert live de Praga Khan dans Second Life pour promouvoir le lancement du nouveau système d’exploitation. Anecdotique mais amusant.
A lire: l’avis d’eMich qui était présent à la “launch party” le soir à l’Atomium.

Gaetano déplore (avec raison) le manque d’ergonomie de l’interface d’à l’infini, la nouvelle offre en podcasting de Bel RTL. Hier soir, en écoutant “Va y avoir du sport” (l’émission hebdomadaire de la station sur le bilan footballistique du week-end écoulé) sur mon iPod, j’ai constaté que les fichiers eux-mêmes recèlent également leur lot de bizarreries.
Première surprise: le flux du podcast propose deux versions de l’émission, l’une d’entre elles s’arrêtant après 30 minutes alors que le programme entier dure environ une heure. Pourquoi? Aucune idée. Quelqu’un pourrait-il éclairer ma lanterne?
Deuxième surprise: les spots publicitaires. Je n’ai rien contre leur insertion (il faut bien amortir le gros volume de bande passante que mobilise le téléchargement à la demande) mais, sauf erreur de ma part, les séquences dans le fichier que j’ai écouté ne semblaient pas destinées spécifiquement au podcasting. Dès lors, pourquoi diable ne pas préalablement “nettoyer” la bande comme le fait la RTBF radio, d’autant que le lecteur MP3 le plus basique permet désormais de “zapper” facilement la pub?
Troisième surprise: dans le même esprit, Bel RTL ne retire pas non plus les journaux parlés et les points trafic sur l’état de la circulation. Je doute que les auditeurs du podcast éprouvent beaucoup d’intérêt pour des informations périmées depuis plusieurs jours…
D’accord, je chipote et ces scories ne portent pas atteinte à l’émission elle-même. Cette accumulation de petits détails énervants me donne cependant l’impression que Bel RTL considère le podcasting non comme un canal en soi mais davantage comme le recyclage d’un contenu existant par simple copier-coller. Dommage.
Depuis quelques mois, Microsoft tente de rattraper le train 2.0. Après le moteur de recherche et l’agrégateur RSS (Live.com), les blogs (MSN Spaces), voici MSN Reporter, un agrégateur de news de type Digg ou Scoopeo. A la différence des modèles qu’il copie éhontément (le communiqué parle sans rire d’un “environnement d’information en ligne (…) novateur“), MSN Reporter ne demande pas d’enregistrement préalable: vous devez (théoriquement) valider l’envoi de votre news en cliquant sur un lien que vous recevez dans votre e-mail. C’est ne pas très pratique et surtout, cela ne fonctionne pas, puisque j’attends toujours lesdits e-mails pour les 2-3 news que j’ai essayé de poster… Y aurait-il une modération intermédiaire chez MSN? Par ailleurs, l’interface manque de clarté, souffre de divers bugs sous Firefox et doit s’intégrer dans un look’n'feel “portail” qui convient assez mal à ce type d’outil. On le voit, Microsoft tente de surfer sur la vague du user-generated-content et du journalisme citoyen. Les intentions sont bonnes mais il y a encore du chemin à parcourir…
Après Time, voilà que Le Soir rejoint à son tour la folie collective qui entoure le Web 2.0, ce paradigme pseudo-scientifique à l’origine de la nouvelle bulle Internet qu’on voit grossir actuellement.
Pour Time, la figure marquante de 2006 n’est autre que… nous. Oui, oui, vous et moi qui publions des billets sur nos blogs, partageons nos photos sur Flickr ou diffusons nos vidéos de vacances sur YouTube. Durant les douze derniers mois, Muhammad Yunus, le banquier des pauvres, a été élu prix Nobel de la paix pour avoir aidé des millions de pauvres à sortir de leur dénuement; Laurent Désiré Kabila a donné une leçon de démocratie à l’Afrique en organisant des élections libres au Congo; Mahmoud Ahmadinejad et King Jong-Il et ont fait trembler la communauté internationale par leurs velléités nucléaires. Mais, selon Time, aucune de ces personnalités ne pouvait apparemment rivaliser avec la montée en puissance de ce nouvel internaute qui crée et échange du contenu en ligne. On aimerait participer à cet enthousiasme pour ce basculement dans le rapport de forces entre pouvoir et citoyen. Il y a pourtant quelque chose de dérangeant, voire démagogique, à mettre ainsi en exergue le surfeur lambda face à la marche du monde. Il ne s’agit pas de remettre en question l’influence (réelle ou potentielle) des outils estampillés « Web 2.0 » sur notre façon de consommer, de nous informer, de nous divertir. Chez Emakina, nos clients en ont d’ailleurs pris acte et commencent à adapter en conséquence leur façon de communiquer avec le consommateur. En revanche, nous devons confronter ce même impact à des mouvements plus profonds qui affectent la planète et la vie quotidienne de ses habitants. Songez simplement au réchauffement climatique ou à la situation politique au Moyen-Orient qui pourrait embraser toute la région.
L’hebdomadaire américain répond cependant que le Web 2.0 modifie “la façon dont nous changeons le monde”. Le problème réside ici dans le “nous”, pronom uniformisant qui renvoie en réalité à une élite mondiale avec le capital culturel et économique suffisant pour exister sur la Toile. Faut-il rappeler qu’une part non négligeable de l’humanité demeure exclue des autoroutes de l’information et n’attend pas le raccordement à l’Internet, mais avant tout des services plus élémentaires comme l’eau potable, l’électricité ou des soins de santé décents? Pour ces damnés de la terre, la couverture de Time risque d’apparaître assez vide de sens. Peut-être l’Internet deviendra-t-il un jour un véritable “cinquième pouvoir” qui permettra aux citoyens de peser davantage sur les inégalités de développement ou sur le débat démocratique à l’échelle mondiale. Pour l’heure, il nous faut toutefois raison garder et conserver un regard lucide quant à cette nébuleuse de nouvelles applications qu’on appelle wikis, blogs, RSS ou podcasts. Comme antidote à la mode “2.0″, pensons aux dérives déjà constatées sur Wikipedia ou au contrôle grandissant de Google sur l’information accessible en ligne.
Reste qu’avec son choix de nous désigner comme personne de l’année, Time a probablement réussi le coup médiatique de cette fin d’année, autant parmi les médias traditionnels qu’au sein de la blogosphère. C’était peut-être, après tout, le seul objectif de ce magazine: faire du bruit chez les internautes. Chez “nous”.
A lire aussi, le billet de Cédric Godart sur ce même sujet.
Je suis d’accord avec l’opinion de Brice: Resto.be est un site assez médiocre et qui a eu la chance d’être le premier dans sa niche. Outre la navigation assez malheureuse, on trouve d’autres détails amusants comme le formulaire d’inscription, bien lourd (une petite dose d’Ajax ne ferait pas de mal) et surtout illégal. En bas de la page, deux cases sont discrètement cochées par défaut.

Et hop, ni vu ni connu, on abonne l’internaute non seulement à la newsletter du site, mais aussi à toutes les promotions des partenaires commerciaux. Une violation flagrante de la législation sur l’opt-in qui précise que le surfeur doit donner explicitement son consentement à recevoir de l’information en échange de la communication de ses données personnelles. Voilà qui laisse comme un goût amer dans la bouche…