Le coworking est nouvelle façon de travailler ensemble est dans l’air du temps. En Belgique, plusieurs espaces de coworking sont en chantier.
Dans l’économie de la connaissance, le coworking a la cote. A la base, cette pratique professionnelle se définit comme une démarche par laquelle des indépendants et créateurs d’entreprise décident de travailler dans un même espace pour susciter sur le mode spontané et informel.
“Les intérêts du working sont multiples”, explique Jean-Yves Huwart, fondateur du groupe de réflexion Entreprise Globale et organisateur de la conférence “Coworking Europe 2010” qui défrichait le sujet cette semaine à Bruxelles. “Tout d’abord, cela permet aux free-lances et entrepreneurs de rompre leur isolement et de combler un besoin naturel d’interaction avec l’autre. Ensuite, le coworking aide à augmenter rapidement son réseau sans passer d’office par la case des business clubs ou des chambres de commerce. Enfin, ce type d’environnement favorise le partage des compétences et la génération d’idées nouvelles grâce aux liens qui se tissent entre les gens.”
Sous les artifices de l’air du temps, le coworking n’est-il pas simplement un avatar plus branché des pépinières d’entreprises ? “A la différence des incubateurs ou des business centers, la communauté précède ici l’espace”, répond Jean-Yves Huwart. A la source des initiatives de coworking, on trouve généralement des réseaux informels qui naissent dans des lieux inattendus (café, galerie d’art…) avant de se cristalliser dans un endroit spécifiquement consacré à l’activité professionnelle. Autre particularité du coworking : la flexibilité offerte à l’entrepreneur, qui peut moduler sa présence sur place (tous les jours, deux fois par semaine…) et payer en fonction de son occupation effective des installations. Les tarifs peuvent commencer très bas, parfois à partir de vingt euros par mois. Une dernière singularité du coworking est la diversité des participants : alors que parcs scientifiques et incubateurs se concentrent souvent sur un thème déterminé (sciences de la vie, technologies vertes…), le coworking entend réunir des personnes issues d’horizons différents afin d’entraîner la création d’écosystèmes plus hétérogènes, où le graphiste peut côtoyer le consultant ou le photographe sur un même plateau. Pour quels résultats concrets ? Selon une étude présentée aujourd’hui à Coworking Europe 2010, 87% des coworkers interrogés affirment avoir déjà lancé un projet avec d’autres personnes rencontrées dans ce contexte.
Né à San Francisco voici cinq ans, le concept a ensuite essaimé à travers la planète. Selon la même enquête, l’Europe compte déjà quelque 150 espaces de coworking, le pays le plus dynamique en la matière étant l’Allemagne, suivi par la Grande-Bretagne. Chez nous, le premier endroit du genre se nomme The Hub, situé à Bruxelles près de l’avenue Louise et fortement axé sur l’innovation sociale. D’autres espaces devraient bientôt voir le jour dans notre capitale, mais aussi à Anvers, Gand, voire Louvain-la-Neuve.
Selon Jean-Yves Huwart, le coworking est au confluent de deux tendances majeures dans le monde du travail. D’un côté, la crise économique a conduit beaucoup de personnes à se lancer à leur propre compte comme indépendant ou entrepreneur. De l’autre, un nombre croissant d’entreprises encourage désormais la mobilité dans le chef de leurs travailleurs et à passer le moins de temps possible entre les murs de la société. Dans cette configuration, le travail s’effectue à distance, via oridnateur portable, GSM et connexion Internet. Une mutation qui pourrait en amener d’autres à travers les frontières. “L’idée circule actuellement de créer une sorte de visa de coworking à l’échelon européen. Ce sésame permettrait de bouger en Europe et de trouver accueil dans n’importe quel centre de coworking participant au réseau.” Coworkers de tous les pays…
Première parution dans La Libre, novembre 2010.
