Il pleut des applications iPhone comme la misère sur le bas peuple ! Pas une semaine ne s’écoule sans qu’une société n’annonce son arrivée sur l’AppStore, le magasin en ligne qui permet de télécharger des micro-logiciels qui ajoutent une fonctionnalité particulière au téléphone d’Apple mais aussi à l’iPad, la fameuse tablette interactive que le constructeur à la pomme s’apprête à sortir en Belgique. Les résultats enregistrés par ces premières expérimentations sont cependant assez contrastés. Les chiffres ci-dessous ont été collectés entre début mai et fin juin. Comme point de repère, le marché belge compte actuellement 150.000 utilisateurs d’iPhone.
Souriez, vous êtes géolocalisé. La chaîne de restauration rapide Quick propose une application gratuite basée sur la géolocalisation : l’utilisateur peut détecter instantanément le restaurant le plus proche en fonction de sa position géographique. « La raison de notre présence sur l’iPhone est double », expliquez Ulrich Motte, Field Marketing Manager. « Tout d’abord, l’iPhone est fortement utilisé par les 15-35 ans, un segment qui correspond aussi à notre cœur de cible. Par ailleurs, la décision d’aller au Quick est souvent prise en dernière minute, comme le film qu’on choisit d’aller voir au cinéma. Avec cette application, le client peut nous trouver plus facilement. Il s’agit aussi d’un canal supplémentaire pour lui communiquer notre actualité, nos promotions… Nous projetons d’ailleurs de faire évoluer l’application à l’avenir. » Côté chiffres, notre interlocuteur parle de « plusieurs dizaines de milliers » de téléchargements communs à la Belgique, au Luxembourg et à la France depuis le lancement de l’application en mars dernier.
Adecco : audience confidentielle. Seulement 2.000 téléchargements pour l’application iJobs qui permet de chercher du travail sur son iPhone. Un chiffre assez anecdotique face au trafic drainé chaque mois par les grands sites d’emploi. Pour Adecco, l’enjeu réside sans doute davantage dans le positionnement novateur que lui procure l’iPhone que dans l’audience réelle que génère cette application.
Solo tente de faire monter la sauce. Les produits de grande consommation font aussi leur incursion sur iPhone. La marque Solo transforme ainsi l’iPhone en livre de recettes qu’on a toujours à portée de main. Une application qui s’inscrit dans la stratégie de la plate-forme « Solo Open Kitchen », lancée voici trois ans. « Il s’agit d’une communauté où les consommateurs peuvent trouver quotidiennement de nouvelles recettes, des concours et des astuces de cuisine. Les leaders de la communauté peuvent en outre partager leurs propres recettes avec les autres membres. Etant donné que Solo veut jouer un rôle actif pour sortir le consommateur de sa routine culinaire, il est crucial de nourrir son inspiration à travers un maximum de canaux », explique Bas Jespers de l’agence Luon. « Il était donc logique d’amener Solo sur l’iPhone. »
Depuis la fin 2009, cette application a été téléchargée 6.000 fois. « Chaque mois, elle est ouverte et utilisée au moins 3.000 fois », complète notre interlocuteur. Même si comparaison n’est pas raison, la communauté Solo Open Kitchen compte, dans sa globalité, 75.000 membres dans son ensemble et plus de 180.000 abonnés à la newsletter mensuelle.
Touring : à mi-chemin entre gratuit et payant. Si la grande majorité des applications estampillées belgo-belges sont gratuites, certains acteurs commencent à tester des modèles économiques hybrides où l’utilisateur doit délier sa bourse pour une partie du contenu. C’est le cas de l’application Touring Mobilis Pro qui indique en temps réel l’état du trafic en Belgique : embouteillages, accidents, radars, travaux… « Les fonctionnalités de base restent gratuites », explique Jan Cools, CEO de Be-Mobile, filiale de Touring à l’origine de l’application. « En revanche, les informations à valeur ajoutée comme les temps de parcours ou les alertes radar se bloquent après deux semaines. Pour y accéder, l’utilisateur doit alors souscrire à une de nos deux formules d’abonnement : 4,99 euros pour trois mois ou 19,99 euros pour un an. » Jan Cools parle de 60.000 téléchargements enregistrés jusqu’à présent pour quelque 2.000 abonnés payants, soit un taux de conversion de 4%.
Bonne nouvelle : les utilisateurs d’iPhone acceptent d’ouvrir son portefeuille lorsque le service en vaut la peine. Moins bonne nouvelle : le taux de transformation gratuit/payant est dans la norme mais n’explose pas les standards du genre. Même sur iPhone, il faut donc conquérir chaque client payant à la sueur de son front…
Médias : avantage sans surprise au gratuit.. Le quotidien Le Soir affirme avoir atteint les 40.000 téléchargements gratuits, alors que De Standaard en annonce 6.500 pour son application payante (3,99 euros). Pas de quoi faire vivre une rédaction…
3.000 pizzas commandées par iPhone. En Belgique aussi, il est désormais possible de commander une pizza via son iPhone. Développée par la société batave TakeAway.com, l’application Pizza.be vous permet de consulter la carte de votre pizzeria la plus proche et se charge ensuite de lui transmettre votre choix. Il s’agit, ni plus ni moins, de la déclinaison sur iPhone du site Pizza.be qui fournit déjà le même service. Nous l’avons testé et cela fonctionne impeccablement : 20 minutes plus tard, le livreur était devant notre porte. « Depuis le démarrage en septembre, nous comptons 100.000 téléchargements en Europe, dont 5% sur le marché belge », explique Jitse Groen, patron de TakeAway.com. « Cela représente 3.000 commandes effectuées par iPhone à ce jour dans notre pays. »
Paru dans La Libre du 15 mai 2010.
