Article paru dans le dernier numéro de Smart Business.
Le format RSS est nouveau moyen de partager instantanément de l’information sur Internet. Smart Business vous apprend comment votre entreprise peut profiter du RSS pour améliorer l’ensemble de sa communication.
Comme nous, vous êtes probablement très occupé et vous manquez probablement de temps pour surfer comme vous le souhaiteriez : pas évident de visiter chaque jour 50 sites ou blogs différents. Mais si ces 50 sources d’information étaient concentrées sur une seule et même page que vous pourriez moduler à votre guise ? Avec le RSS, ce rêve est désormais possible.
Le RSS (Real Simple Syndication ou Reach Site Summary) est un format dérivé du XML et qui permet de partager du contenu et créer des « RSS feeds » (fils ou flux RSS en bon français). Vous pouvez consulter ces fils à l’aide d’un agrégateur (ou lecteur) spécifiquement dédié à cette tâche, mais aussi les insérer au sein d’une page web. Par opposition au surf classique où vous « tirez » l’information à vous (« pull »), le producteur d’information vous « apporte » l’information si vous l’acceptez (« push »). C’est d’ailleurs ici que réside une des immenses forces du RSS : l’utilisateur donne toujours son accord avant de souscrire à un flux, ce qui efface tout risque de spam ou d’inadéquation totale entre le message et la cible. Le RSS propose d’appréhender l’Internet comme une gigantesque chaîne de télévision dont vous composez le menu à la carte. A longue échéance, on peut donc pronostiquer sans risque que le RSS remplacera la newsletter par e-mail, d’autant que Microsoft paraît décidé à intégrer le RSS dans la plupart de ses nouveaux produits (Live.com, Internet Explorer 7, Windows Vista…).
Concrètement, s’abonner à un fil RSS se déroule en trois étapes :
- Vous repérez un flux RSS sur le site ou le blog de votre choix. Pour de sombres histoires de standardisation que nous vos épargnons ici, un fil RSS peut être représenté par différents acronymes barbares : RSS 1.0, RSS 2.0, Atom, XML… Tous sont cependant lisibles par la majorité des lecteurs RSS existants. A noter que la fameuse icône orange barrée de trois traits blancs commence à s’imposer comme le principal sigle d’identification des flux RSS.
- Vous copiez-collez son adresse dans votre agrégateur RSS qui, sur base des informations contenues dans le flux, va créer une première liste d’entrées.
- Lorsque le site ou le blog d’origine sera ensuite actualisé, votre agrégateur RSS téléchargera automatiquement les nouvelles entrées et vous signalera les mises à jour disponibles.
Comment consulter des flux RSS ? Les solutions abondent sur le marché. Une première distinction sépare les lecteurs accessibles uniquement sur le web et ceux à installer en local sur votre ordinateur comme une application ordinaire. Selon notre propre expérience, nous vous déconseillons cette deuxième possibilité : plus vous agrégerez de fils RSS, plus le logiciel sera gourmand en mémoire vive et ralentira le fonctionnement de votre machine. Parmi les lecteurs « web based », les joueurs sont multiples : Netvibes, Rojo, Google Reader (notre préféré), Bloglines, Newsgator, Live.com… Quel que soit votre choix, assurez-vous que vous puissiez importer/exporter vos flux RSS au format OPML (Outline Processor Markup Language) qui garantit l’interopérabilité entre les lecteurs RSS.
Comment construire un flux RSS ? Les spécifications techniques du RSS 2.0 sont disponibles à cette adresse : http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss. Parallèlement, il existe différents services qui peuvent générer des fils RSS à partir du contenu de n’importe quelle page. Exemples : Rasasa ou Feed43.
Que peut-on faire avec le RSS ? Ce format est le plus souvent associé à la consultation rapide de blogs et de sites d’actualité, de sorte que l’internaute puisse garder un œil permanent sur les dernières nouvelles. Pourtant, le RSS permet d’aller beaucoup plus loin et peut rendre de précieux services si vous souhaitez améliorer l’impact de votre communication ou l’efficacité de votre veille sectorielle, comme l’explique notre encadré. Ajoutons par ailleurs que la sémantique des flux RSS est particulièrement appréciée par les moteurs de recherche. Autrement dit, le RSS peut contribuer à optimiser votre positionnement sur Google et ses pairs.
Prêt à franchir le pas du RSS ? Avant de vous lancer, tenez compte de ces deux écueils à surmonter :
- Nous l’avons souligné plus haut, le RSS est un format 100% « opt-in » qui repose sur le consentement préalable que donne l’utilisateur à s’abonner. Avantage : l’internaute qui souscrit manifeste un véritable intérêt pour votre communication. Adieu les problèmes de phishing, de filtres anti-spam ou de bases de données obsolètes. Différentes études se rejoignent en outre pour affirmer que le RSS a un impact très positif sur la fréquentation des sites qui proposent semblables fils d’information à leurs visiteurs. Inconvénient : ce même internaute peut se désabonner à tout moment s’il juge que le contenu de votre flux manque d’utilité ou de mises à jour régulières. Avant de créer un fil RSS, assurez-vous donc que vous avez quelque chose à dire et à une cadence suffisamment soutenue. Le déploiement d’un flux RSS digne de ce nom nécessite des compétences « journalistiques » que vous ne possédez peut-être pas dans votre entreprise.
- Même s’il ne cesse de monter en puissance, le RSS est très loin d’avoir été adopté par l’ensemble des surfeurs. Une étude de Yahoo ! révèle ainsi que seulement 4% des internautes américains utilisent des flux RSS, tandis que 45% n’en voient même pas l’utilité. Si vous mettez en place un fil RSS, prenez donc la peine d’expliquer à ses destinataires (clients, collègues, partenaires…) de quoi il s’agit et quel est le bénéfice de cet outil.
Quelques utilisations créatives du RSS
1. Surveillez la blogosphère. Avec l’émergence d’outils « Web 2.0 » (blogs, podcasts, wikis…), les internautes ont désormais une pléthore de ressources pour communiquer entre eux sur tout et n’importe quoi… y compris sur vos produits et services. Monitorer la blogosphère devient donc une tâche stratégique si vous souhaitez savoir ce qui se raconte sur votre marque ou celles de vos concurrents. Des services comme BlogPulse ou Google Blog Search produisent un fil RSS pour chaque requête effectuée avec ces moteurs derecherches spécialisés dans les médias sociaux. Dans le même esprit, Del.icio.us (un service pour indexer, organiser et partager ses signets) crée des fils RSS sur les « tags » (sortes de mots-clés) attribués par les internautes aux meilleures pages que ces derniers découvrent sur la Toile.
2. Diffusez vos communiqués de presse. Dans leur course perpétuelle au scoop, un nombre croissant de journalistes (et pas uniquement dans la presse IT) recourent aux agrégateurs RSS pour détecter plus vite les informations chaudes. Ce faisant, le RSS devient un canal supplémentaire pour communiquer avec les médias et leur transmettre vos communiqués, comme le font déjà Mobistar, Skynet ou… notre Premier ministre Guy Verhofstadt !
3. Conservez un contact quotidien avec vos clients et RSS. Vous envoyez régulièrement une newsletter par e-mail au carnet d’adresses de votre entreprise ? Bravo! Avec le RSS, vous pouvez franchir un pas supplémentaire en diffusant ce même contenu en temps réel. C’est la démarche de la société néolouvaniste InternetVista ou de l’agence bruxelloise Emakina qui propose des news quasi quotidiennes sur la vie de l’entreprise dans son fil RSS. Un bon moyen pour attirer l’attention de vos clients sur des produits et services qu’ils ne connaissent peut-être pas. Pour leur part, Oracle et Microsoft mobilisent le RSS comme vecteur d’assistance à la clientèle en y publiant trucs et astuces, annonces de nouveaux patches, correctifs de sécurité…
4. Communiquez vos nouveautés et promotions. Si votre entreprise est active dans l’e-commerce, le format RSS permet de prévenir instantanément vos clients des derniers arrivages de produits, des bonnes affaires en vitrine… A voir chez Mediadis.com, le spécialiste belge du DVD.
5. Consultez vos e-mail. Mail.be permet de lire son courrier électronique par RSS interposé. Très pratique à l’usage, surtout quand vous êtes en déplacement.