Scott Alcott, la fibre US de Belgacom



A cheval entre les deux rives de l’Atlantique, Scott Alcott a vaincu une forme extrêmement rare de cancer. Il en a tiré un livre, mais aussi une forte loyauté à son employeur.

Scott Alcott est un gentleman et un excellent communicateur. Partager sa table durant une soirée est un véritable plaisir. C’est aussi un fidèle serviteur de l’ex-RTT. Dans l’ombre de Didier Bellens, CEO de Belgacom, ce père de deux enfants a été, depuis douze ans, un des artisans de la transformation technologique de l’opérateur historique vers les nouveaux services acheminés par la fibre optique comme l’Internet ou la télévision numérique. Depuis peu, il est également chargé d’améliorer les relations entre Belgacom et sa clientèle. « A l’avenir, appelez-moi Mister Satisfaction », lance-t-il avec une pointe d’humour typiquement américaine.

New-Yorkais d’origine, Scott Alcott se définit volontiers comme un “telecom guy”. « J’ai commencé ma carrière chez CBS Records en 1988. Lorsque la maison de disque a ensuite été rachetée par Sony, je suis entré chez l’opérateur AT&T où j’ai commencé tout en bas de la hiérarchie avant de gravir les échelons. A l’époque, j’étais un jeune gars avec une opinion sur tout (sourire). Chez AT&T, je suis passé par quasiment tous les départements, ce qui m’a donné une vue très complète sur l’ensemble des métiers qu’on rencontre au sein d’une société de télécommunications. » Scott Alcott arrive ensuite chez Belgacom presque par hasard. « Je travaillais alors pour Ameritech, une « Baby Bell » qui avait pris une participation dans Belgacom en consortium avec plusieurs autres acteurs des télécoms. Je faisais partie d’une équipe spéciale chargée de moderniser la société. » Après une parenthèse de deux ans dans une startup américaine, il fait ensuite le grand saut et rejoint en 2002 les rangs de l’opérateur historique où il occupera de multiples postes jusqu’à celui de vice-président exécutif en charge des infrastructures de réseau, une fonction qui couvre aussi bien Belgacom que ses entités Proximus et Telindus.

La vie de Scott Alcott a connu un tournant lorsque, voici presque cinq ans, les médecins lui diagnostiquent une sarcome, forme extrêmement rare de cancer. « C’était une surprise totale car je mène une vie assez saine. Je ne bois pas, je ne fume pas, je fais du sport… Dans l’adversité, j’ai quand même eu de la chance car la maladie est restée circonscrite au visage, alors qu’en général, elle s’étend au reste du corps. Pour la soigner, j’ai dû aller dans une clinique spécialisée aux Etats-Unis qui m’a tiré d’affaire. » De sa rémission, Scott Alcott conservera une séquelle au visage, mais aussi un certain attachement à son employeur. « Quand les médecins m’ont appris la nature du mal et la durée de ma convalescence, j’ai été voir Didier Bellens pour lui remettre ma démission. Il m’a répondu : “Pas question, tu prendras le temps qu’il faut pour te rétablir, puis tu reviendras chez nous.” En raison de ce geste, je nourris une forte loyauté envers Belgacom. »

Son combat contre le cancer lui inspirera un livre où il décrit son combat contre la maladie. Le titre de l’ouvrage, « I’m not Lance », renvoie au champion cycliste Lance Armstrong qui a traversé lui aussi ce type d’épreuve. Pourquoi cette référence? « Lance Armstrong est souvent cité en exemple aux malades du cancer. Quand vous lisez sa biographie, vous êtes toutefois intimidé par son côté Superman et vous ne pouvez pas nécessairement vous identifier au personnage. Avec ce livre, je voulais raconter l’expérience d’un type comme les autres et montrer qu’on peut s’en sortir, même quand on ne s’appelle pas Lance Armstrong. » Les ventes du bouquin, disponible sur Amazon.com, sont reversées à la recherche contre le cancer.

Quelles sont, à travers ses yeux d’Américain acclimaté à l’Europe, les principales différences culturelles entre les deux rives de l’Atlantique ? « Sous l’effet de la mondialisation, le fossé commence à se réduire. Les Belges ont désormais des magasins ouverts le dimanche », sourit-il. « Il reste cependant une marge dans la mobilité et les relations sociales. Aux Etats-Unis, les gens bougent plus vite d’une ville à l’autre en fonction des opportunités professionnelles. Partout, nous avons les mêmes magasins, les mêmes médias, la même monnaie, la même langue… Cette homogénéité facilite le mouvement et engendre des liens plus étroits entre les individus. Aux Etats-Unis, votre première famille, c’est parfois les gens qui habitent à côté de chez vous. Quand vous arrivez dans un nouveau quartier, il n’est pas anormal qu’un voisin vienne frapper à votre porte et vous dise : “Bienvenue dans notre communauté, voici les clés de ma maison et de ma voiture, n’hésitez pas en cas de besoin.“ Nous sommes plus informels et plus ouverts aux autres. En revanche, j’aime la diversité culturelle de l’Europe. J’apprécie la Belgique et la variété de ses langues, de sa gastronomie et de sa culture sur quelques kilomètres à peine. C’est une richesse vraiment précieuse. »

CV Express

Executive Vice President, Belgacom.

Marié, père de deux enfants.

1966
Naissance à New York

1988
Diplômé en économie à la Wharton School de l’Université de Pennsylvanie
Commence sa carrière chez CBS Record

1989
Entre chez l’opérateur américain AT&T

1999
Passage chez Ameritech, qui détient une participation dans le capital de Belgacom

2000
Chief Marketing Officer chez WeServeHomes.com

2002
Rejoint Belgacom

Première parution dans La Libre, décembre 2010.

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