The 4400 : bienvenue dans l’Amérique post-Irak





Texte paru dans le n°27 (décembre-janvier) de Blister, le supplément pour “polysensuel extraverti” (dixit le dernier argumentaire publicitaire que j’ai reçu de l’éditeur…) du magazine Media Marketing.

En quête d’une idée de cadeau que vous pourriez demander à Père Noël ? Faites-vous offrir “The 4400″ (“Les 4400″ en version française), une de mes séries favorites en ce moment. Tout au long du siècle dernier, 4400 personnes ont disparu de façon inexpliquée. Soudain, les voilà qui resurgissent en même temps, sans avoir ni vieilli, ni changé. Alors que les revenants cherchent à renouer avec leur passé, deux agents du FBI découvrent que les “4400″ jouissent de pouvoirs surnaturels et que leur retour pourrait changer le cours de notre histoire…

“The 4400″ concentre toutes les peurs et suspicions qui hantent cette aube de troisième millénaire : imminence d’une catastrophe écologique, angoisse de la menace terroriste, manipulation des foules et, in fine, difficulté d’appréhender l’autre et ses différences dans une culture de masse qui uniformisent les idées et les comportements. Car chaque “4400″ est un déraciné, un marginal qui tente d’apprivoiser son pouvoir et d’apprendre à vivre désormais avec le regard, voire l’hostilité de son entourage. Tels des immigrés au sein de leur propre communauté, les 4400 devront tous réaliser une sorte de parcours initiatique pour trouver une nouvelle place au sein de la société et un nouveau sens à leur vie. Super héros doués malgré eux de super pouvoirs, les 4400 dessinent, en filigrane, le portrait d’une Amérique sortie désabusée des années Bush, à la fois effrayée de sa propre puissance et incapable de la maîtriser. Il y avait déjà eu la vague de productions “post 11/09″. “The 4400″ inaugure peut-être celle “post Irak”.

Signée par American Zoetrope (la société d’un certain Francis Ford Coppola), “The 4400″ compte déjà trois saisons disponibles en DVD. Dépêchez-vous de les regarder, la quatrième est en tournage aux Etats-Unis.

(La version PDF de cette chronique est disponible ici.)

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