Avec StreetPage, Facebook est au coin de la rue



StreetPage veut aider les gens à tisser des liens avec leurs voisins grâce à un réseau social de proximité.

Connaissez-vous réellement tous vos voisins ? Il y a fort à parier que ce n’est pas le cas. C’est sur ce constat que s’appuie StreetPage, une startup belge qui a discrètement démarré son activité durant l’été. A la barre : Patrick Dumont de Chassart (ex-Accenture) et Cédric Couvreur (ex-Belgacom Skynet). L’idée : créer des Intranets au niveau micro-local pour les citoyens. Explications.

“L’idée est venue assez simplement”, explique Patrick Dumont de Chassart. “J’avais organisé un achat groupé de paniers bio avec des voisins dans ma rue. Comme l’e-mail était peu pratique pour les discussions à plusieurs, nous avons créé un Intranet pour cette tâche. Avec mon associé, on s’est dit que le concept pourrait être facilement étendu à toutes les rues de Belgique. Notre ambition est de créer un espace commun virtuel qui permet aux utilisateurs de retisser des liens dans le monde réel.” StreetPage entend ainsi faciliter l’échange de petits services entre voisins comme le car-sharing, le baby-sitting, le prêt de matériel de bricolage, l’aide aux personnes âgées etc.

Quid de la sécurité ? Après tout, même si l’Intranet d’une rue n’est accessible qu’aux riverains, un tel outil peut être une fabuleuse source d’information pour les personnes mal intentionnées… “La question se pose depuis le début du projet”, reconnaît notre interlocuteur. “En s’inscrivant sur le site, la personne doit certifier qu’elle donne bien sa véritable identité. Ensuite, nous pensons que chaque rue constitue un microcosme qui s’auto-régule. Un profil suspect sera vite détecté par la communauté des habitants. On retrouve ici la philosophie de base que nous voulons appliquer à StreetPage : amener les gens à lier connaissance dans le monde réel. Dans une version ultérieure de la plate-forme, nous songeons toutefois à demander aux utilisateurs de fournir une preuve plus tangible comme une copie de la facture d’électricité. Mais les premiers tests grandeur nature n’ont pour l’instant déclenché aucune alarme dans ce sens.”

Côté modèle économique, StreetPage table sur deux sources de revenus : la publicité micro-locale et les commissions sur les achats groupés. “Le fondement de StreetPage ne sera jamais le shopping”, assure Patrick Dumont de Chassart. “Cela peut sembler idéaliste mais la finalité restera toujours de créer de la convialité dans la proximité.”

Les fondateurs refusent de divulguer leurs projections en terme de nombre de membres et de chiffre d’affaires. L’ambition déclarée est néanmoins d’étendre StreetPage aux pays limitrophes (France, Allemagne, Grande-Bretagne…) dès l’année prochaine. Financée sur fonds propres ainsi qu’avec l’aide d’une bourse de préactivité de l’Agence de Stimulation Economique, StreetPage entend lever rapidement des capitaux auprès d’investisseurs privés pour financer cette expansion européenne.

Première parution dans La Libre, novembre 2010.

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